• Chapitre quarante-deux ▬ ❝  ❞

    (source : link)

    Michiko parvint enfin, difficilement, avec l’aide de Dai, à dégager Kazuki des gravats. Etant donné que lui et ses camarades étaient arrivés après, ils n’avaient pas pu bénéficier d’une miniature de Katsuyu pour leur protection. Dai s’en était tiré car il était à ce moment-là coincé entre Michiko et Arina, de fait a pu être protégé en partie par leur propre miniature de Katsuyu. Seul son bras gauche pendait mollement contre son flanc et du sang coulait sur son menton. Kazuki en revanche s’était déplacé, et il avait en partie fini sous les gravats.

    — Ça va vieux ? marmonna Dai en s’accroupissant près de son ami.

    Kazuki avait repris son apparence ordinaire dû à une perte de connaissance prolongée lors de l’explosion ; son visage était tailladé un peu partout, un filet de sang coulait du coin de ses lèvres et au niveau de sa tempe, et ses jambes ne formaient pas un angle très normal avec l’axe de son corps. Michiko fut donc profondément soulagée lorsqu’il fut pris d’une quinte de toux et qu’il ouvrit les yeux.

    Il porta une main à sa tempe avec une grimace. Il posa ensuite son regard sur Dai, sur Michiko, et enfin sur le village… ou plutôt les restes du village.

    — Mais… !

    Le jeune homme se redressa brusquement puis poussa un gémissement de douleur ; il avait appuyé sur l’une de ses jambes cassées. Michiko posa une main sur son épaule non blessée pour le retenir, tandis que Dai pinçait les lèvres.

    — Ils ont tout rasé ces enfoirés…

    Pendant ce temps, Arina s’était relevée, une lueur de fureur brûlant dans ses Sharingan. Néanmoins, elle écarquilla vite les yeux, de surprise.

    — Putain c’est quoi ça…

    — Quoi ?

    — Je ne sais pas ; je vois juste une vague immense de chakra, plus loin, dans la forêt, mais je ne sais pas ce que c’est… en attendant, je ne distingue plus rien dans le village…

    — Normal, il n’y a plus de village, marmonna Kazuki d’une voix rauque et cassée.

    Michiko sentit les larmes lui monter aux yeux. Entendre ces mots, ça faisait comme une claque. Plus de village. Plus rien. C’était comme une déchirure, l’effacement d’un pan entier de vie. Et d’ailleurs, ils devaient s’estimer heureux qu’il y en ait encore, de la vie…

    — Il faut qu’on aille voir si on a besoin de notre aide quelque part, fit Arina en balayant les débris du regard. Pour dégager les gens des gravats. Putain, je n’ose même pas imaginer les dégâts chez les civils qui étaient cachés chez eux…

    Kazuki fit un mouvement pour se remettre debout, mais ses jambes ne le portaient plus. Il poussa un grognement de rage. Dai tourna ses yeux gris vers lui.

    — On devrait retrouver Kumi et Miyu.

    — Fais donc, grommela le jeune homme, mécontent de ses blessures.

    Dai se redressa, jeta un coup d’œil aux alentours avant de s’éloigner à la recherche de ses camarades. Arina le suivit des yeux.

    — Il est plutôt bizarre ton pote, commenta-t-elle.

    Puis elle porta enfin vraiment son regard sur Kazuki, et elle capta qui c’était.

    — Mais… qu’est-ce que tu fous là ?! Je pensais pas que t’avais le droit de mettre les pieds au village ! Itachi ou Dei… enfin, Itachi se serait fait trucider pour ça !

    Le jeune homme ricana un peu, avant de répondre :

    — Itachi Uchiha était classé criminel de rang S dans le Bingo Book, moi sur le principe je ne suis pas recherché, c’est par choix que j’ai déserté, pas parce que j’ai exterminé mon clan. Néanmoins les déserteurs sont assez mal vus quand ils reviennent au village, alors non, sur le principe je n’ai pas vraiment le droit d’être là. Mais je ne pouvais pas laisser le village se faire attaquer par l’Akatsuki sans rien faire.

    — Comment as-tu pu savoir ?

    Il haussa les épaules.

    — J’ai été prévenu. Ainsi qu’une mauvaise impression…

    Arina haussa un sourcil, se demandant qui pouvait bien avoir l’idée de prévenir un petit groupe de personnes considérées comme ennemies du village. Ça ne pouvait être que quelqu’un au courant du rôle de Kazuki. Tsunade peut-être…

    La brune poussa un petit soupir.

    — Faudrait qu’on trouve les autres. Ça doit être la panique à l’emplacement de l’hôpital, fit pensivement Michiko, le regard perdu au loin. J’espère que Michiyo va bien…

    — Il lui en faudrait plus que ça pour y passer. Bon, euh, Kazuki c’est ça ? Tu fais quoi du coup ?

    — Oh, je ne sais pas, je vais planter des pâquerettes je crois, ricana-t-il à nouveau en faisant un vague mouvement vers l’une de ses jambes tordues.

    — Ah tiens, apparemment c’est une activité familiale ! sourit Arina en faisant allusion à une fois où Michiko avait également parlé de planter des pâquerettes.

    — On peut te soutenir jusqu’à l’hôpital, proposa Michiko à son frère, ne souhaitant pas tellement le laisser tout seul.

    — Non. Occupez-vous des villageois. Eita… enfin Dai va bientôt revenir.

    La blonde hocha la tête, avant de se redresser et de suivre Arina en direction des restes de l’hôpital.

    Elles marchèrent en silence un bon moment, constatant douloureusement les dégâts causés par Pain. De temps à autre, un corps émergeait des gravats ; heureusement la plupart des silhouettes remuaient, douloureusement, mais remuaient.

    — Heureusement que maître Tsunade a réussi à protéger tout le monde, soupira Michiko en essuyant un peu de sang qui coulait de sa joue.

    — Je me demande où est passé ce Pain. Il a quand même disparu sans laisser de traces.

    — Si tu veux mon avis, la masse de chakra que tu as vue n’y était pas pour rien. Peut-être que quelqu’un s’est lancé à sa poursuite immédiatement après l’explosion.

    — Je ne sais pas. Si c’est le cas, j’espère que ce quelqu’un a réussi à lui démonter sa gueule de petit connard de l’Akatsuki.

    — C’est toi qui parle de petit connard de l’Akatsuki, marmonna Michiko.

    — Oh ça va, on va pas ramener ça sur le tapis maintenant, fit Arina en levant les yeux au ciel, ses joues chauffant un peu.

    Elles s’arrêtèrent alors d’un même mouvement de marcher.

    — Hé, c’est pas Hinata ? Avec Sachiyo ?

    Elles accélérèrent le pas pour rejoindre leur amie, attelée à soigner une Hinata très mal en point.

    — Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

    La jeune fille aux cheveux noirs tourna les yeux vers elles.

    — Elle s’est ruée devant Pain pour protéger Naruto. Mais elle s’en sortira.

    — Naruto ? fit Arina.

    Sachiyo soupira, apparemment fatiguée.

    — Oui. Il a déboulé juste après l’explosion, et s’est battu en duel face aux six Pain. Il en a vaincu cinq, mais… il a pété les plombs après la blessure d’Hinata et il a brisé le sceau qui retenait Kyûbi-

    — Quoi ?!

    — Ça devait être ça la masse de chakra, Arina…

    — Mais et… ils sont passés où, Pain et Naruto ?

    — Pain a attiré Naruto ailleurs. Michiyo les a suivis.

    Arina passa une main sur son front en soupirant.

    — Génial… un Naruto ingérable, un psychopathe qui fait exploser des villages, et Michiyo qui doit gérer les deux en même temps…

    — Je pense que Michiyo est la mieux placée pour raisonner Naruto, fit Michiko en regardant vers la forêt où des arbres déracinés témoignaient bien du passage d’un Naruto en furie.

    — Sûrement…

    * * * *

    — Ça va, tu peux marcher ?

    — Je crois que c’est à moi de te poser la question.

    Trébuchant l’un contre l’autre comme s’ils sortaient de soirée arrosée, Michiyo et Naruto avançaient péniblement dans la forêt en direction de Konoha. A deux, ils avaient fini par écraser le dernier Pain, le principal ; avant qu’ils ne retrouvent la source, celui qui contrôlait tous les Pain. C’était un jeune homme appelé Nagato, accompagné de son amie Konan. Ils avaient discuté, longuement, tous les quatre, des convictions de Nagato notamment. Il avait été un disciple de Jiraya comme Naruto, mais ayant subi de grandes douleurs personnelles il avait employé les grands moyens pour briser le cercle de la haine.

    Mais Naruto était très fort pour faire changer les gens ; en fait, actuellement, il n’y avait que Sasuke qui lui donnait du fil à retordre. Il avait réussi à montrer à Nagato un autre chemin, qu’il voulait incarner et suivre, qu’il trouverait et qu’il apporterait la paix aux Hommes. Et Nagato avait cru en lui. Lui aussi, comme beaucoup d’autres avant lui, en passant par Minato et Jiraya, a placé toute sa confiance en Naruto.

    Pour se faire pardonner de ses erreurs, l’ex-leader de l’Akatsuki avait usé d’un sort, qui avait permis de ramener tous les morts à la bataille face à Pain à la vie ; sort qui avait coûté la vie à Nagato, épuisé en chakra.

    Maintenant, Naruto et Michiyo, épuisés, retournaient vers le village. La jeune fille avait quelques côtes cassées, du sang coulait de sa tempe, et Naruto avait du mal à tenir debout. Heureusement, ils n’étaient plus très loin.

    — J’espère que ça va au village…

    — On ne peut mieux, déclara une voix un peu plus loin.

    Michiyo et Naruto redressèrent la tête d’un même mouvement, pour voir Kakashi et Yamato les attendant un peu plus loin, un grand sourire sur les lèvres de Yamato, qui devait probablement être aussi sur les lèvres de Kakashi bien que le masque en cache la vue aux deux Uzumaki.

    — Kakashi-sensei !

    — Eh bien, Naruto, Michiyo, je crois qu’on peut dire que vous venez de tous nous sauver…

    — Je crois surtout que c’est Naruto le héros, sourit Michiyo en jetant un coup d’œil à son frère.

    — Le village a hâte que vous rentriez.

    Sur ces mots, les deux sensei se dévouèrent pour porter leurs élèves respectifs, à bout de force.

    Et puis, lorsqu’ils parvinrent à la lisière des bois, ce fut l’explosion. Quand Kakashi avait parlé de « hâte », en fait, c’était comme une foule en délire qui acclamait son idole. Naruto écarquilla les yeux quand des mains s’agrippèrent à sa veste pour le tirer vers les gens qui voulaient tous le saluer, lui dire merci. Michiyo était accaparée de questions et de regards pétillants.

    Avec difficulté, Michiko et Arina parvinrent à la rejoindre.

    — Bah dis donc, c’est qu’on commençait à s’inquiéter !

    — Ça va ?!

    — Pas trop mal, sourit Michiyo. On est soulagé d’être enfin à la maison… sans rocher de dix mètres de large qui menace de te tomber dessus.

    * * * *

    — T’es sûr que ça va aller ?

    — Mais oui. On n’est pas non plus en manque de matériel par chez nous, tu sais.

    Assis à même le sol, de simples attelles atour des tibias, Kazuki tâchait de rassurer sa sœur avant de partir. Faute de matériel suite à la destruction du village, et vu le nombre de blessés, Kazuki avait laissé sa place dans la file pour se faire soigner, et voulait qu’on soigne ses jambes chez lui ; il préférait que le village s’occupe de ses propres blessés.

    En attendant il était incapable de se déplacer et Dai, avec son bras cassé, ne pouvait pas le porter. De fait, Michiyo avait accepté les téléporter, lui et Dai car c’était les plus gravement blessés, jusqu’à destination.

    — Faites attention, sourit Michiko.

    — Bonne chance pour la reconstruction… j’essaierai de venir aider dès que mes jambes pourront me porter.

    — Je n’en doute pas.

    — Vas-y fous-toi de moi.

    — Mais non…

    La jeune fille eut un éclat de rire.

    — On y va ? fit Dai, manifestement impatient de se poser dans un lit.

    Michiyo tendit les deux mains, que Dai et Kazuki prirent.

    Dai adressa un petit signe de tête à Arina, sa camarade de combat pendant une journée ; puis l’instant d’après ils avaient disparu. Kumi et Miyu saluèrent les deux kunoichis, et repartirent à pied en discutant de choses et d’autres.

    — Bon, soupira Arina en mettant ses mains derrière son crâne, maintenant faut pas qu’on chôme, avec tout le boulot qu’on va avoir pour reconstruire le village…

    — Ouais…

    Elles restèrent néanmoins un moment en silence, à regarder le ciel ensoleillé, dans le calme, à attendre le retour de Michiyo. Lorsque cette dernière finit par revenir, une vingtaine de minutes plus tard, elle avait un sourire amusé aux lèvres.

    — Dai s’est fait engueuler comme de la merde, ricana-t-elle.

    — Pourquoi ? s’étonna Arina.

    — Parce que, un certain Jun n’était manifestement pas très content de l’état dans lequel est rentré Kazuki…

    — Dai était donc la garde rapprochée de la princesse Kazuki, rit Arina.

    — Je pense surtout que la princesse Kazuki a un ami très protecteur qui se défoule sur la première personne qu’il croise, sourit Michiko.

    — Pauvre Dai, soupira tragiquement Arina.

    — Noon ne me dis pas que c’est ton nouveau crush ? ricana Michiyo.

    — Oh oui, tu sais que j’aime les déserteurs inaccessibles, fit la brune avec un clin d’œil.

    Sur ses mots, elle se remit debout :

    — Bon c’est pas tout ça, mais faut qu’on y aille, sinon on va se faire incendier par Sakura. Elle est un peu à cran depuis que Tsunade est dans le coma…

    — Allez c’est parti, on a du boulot…

    ---------------

    ENFIN cet épisode avec Pain est terminé omg. C'était long et laborieux mdr


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique